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Fayard
28/03/2007
Broché
680 pagesSélection Culture et Vie

Le premier cercle

Alexandre Soljénitsyne

Ecrit en 1955-58 et publié en Occident dans une version expurgée en 1968, le Premier Cercle se déroule à l'intérieur d'une prison-laboratoire, comme celle où l'auteur séjourna. La plupart des personnages sont empruntés à la réalité, et on reconnaît la trame de la vie de Soljénitsyne. Le premier cercle, c'est celui de l'enfer dans la Divine Comédie, le cercle où se trouvent les sages de l'Antiquité qui n'ont pas péché, mais qui ne connaissent pas la révélation chrétienne. Les trois jours de l'action ont lieu dans l'espace restreint de la prison, mais avec des incursions dans le monde "libre" qui, en réalité, vit dans la peur ou bien dans le confinement volontaire, comme fait le Tyran, terré dans sa salle voûtée où il ne travaille que la nuit : Staline. Un fil central relie les deux univers, le carcéral et le monde de la peur extérieure, c'est le fil de l'arrestation du diplomate Volodine qui "trahit" son pays (il prévient une ambassade occidentale que l'URSS a eu accès, grâce à ses agents de l'Ouest, au secret de fabrication de l'arme atomique). Ce grand récit sur la fortification de l'âme en prison est surtout extraordinaire par la vaste respiration poétique et philosophique qui l'anime.


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Commentaire client

    Soljénitsyne n'était pas le premier à évoquer la terreur des goulags. Il y eut des prédécesseurs qui ne furent pas écoutés. L'immense talent de Soljénitsyne réside dans sa mémoire : il veut témoigner de tout ce qu'il vit de la réalité concentrationnaire. Il ne dispose d'aucun support écrit "normal". Il écrit partout, en micro écriture et compose un poème sans fin, que chaque jour il se récite. Il refuse d'oublier. Il est un témoin privilégié de la Liberté.

    Ce géant de la littérature décrit dans "Le premier cercle" un univers privilégié de ces camps, appelés charachkas, puisqu'il regroupe une élite : ingénieurs, mathématiciens qui vont travailler pour les programmes nucléaires et spatiaux soviétiques. Soljénitsyne est mathématicien. Il a donc eu ce privilège de travailler dans cette prison.

    Quel enfer !

    L'humour anime l'écrit. Quel bonheur que cette scène surréaliste d'un gradé politique qui est imposé conférencier et qui lit un discours qu'il n'a pas préparé. Quelle surprise de lire sur le visage des autres détenus l'incompréhension gênante, inconfortable car le rire est si proche de la confusion créée par ce bonhomme insipide, aigre, qui ne se rend pas compte qu'il lit deux fois les mêmes pages du discours ; le secrétaire ayant oublié de retirer l'exemplaire carboné !

    Soljénitsyne se réfère par le titre et le développement de son sujet à la "Divine Comédie" de Dante. Pour le lecteur qui connaît à la fois Dante et Soljénitsyne, cette référence est un appel à la Foi qui sauve. Soljénitsyne, dans "L'Archipel du Goulag", tome 2, au chapitre intitulé "l'âme dans les barbelés" remercie le Goulag de lui avoir rappelé qu'il existe un fonds en deçà duquel l'homme ne peut chuter, qui est la Foi en Dieu. Le "premier cercle" de Dante est celui où se rencontrent les âmes damnées c'est-à-dire vertueuses n'ayant pas connu la révélation du Christ.

    "Le Premier Cercle" est un très grand livre d'où l'espoir ne sort pas vivant en apparence fors l'humour et la Foi en Dieu.

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